Un nettoyage de printemps pour vos croyances ?

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(Photo by Greg Rakozy on Unsplash)

Une croyance peut être définie de plusieurs manières. Dans cet article, nous considérerons qu’il s’agit d’une affirmation que nous jugeons vraie.

Il est tentant d’apprécier une croyance – la sienne ou celle d’un autre – via un filtre de vérité. A nos yeux, elle est souvent vraie ou fausse. Pourtant, peu de croyances sont intrinsèquement correctes ou erronées, à l’exception de quelques exemples particuliers, comme celle que promeut “La société de la Terre plate“.

Que pensez-vous des opinions (croyances) suivantes ?

  • Il faut travailler pour réussir.
  • Le QI est / n’est pas révélateur de l’intelligence globale d’une personne.
  • Dans le monde professionnel, un réseau est important / secondaire.
  • L’université forme des étudiants plus / moins flexibles que les diplômés des grandes écoles.
  • Il n’y a pas de petit mensonge.
  • L’inné est plus / moins important que l’acquis.

Aucune d’entre elles n’est juste ou fausse : elles correspondent à des opinions, basées sur notre personnalité, notre éducation, nos expériences.

Il est fréquent de trouver des exemples justifiant une croyance : ce sont des résonnances confirmatives. A l’inverse, il est naturel d’écarter les dissonances cognitives, lorsque la croyance et l’expérience présente portent des messages différents. Dans le débat actuel sur la privatisation (ou l’ouverture à la concurrence) de la SNCF, les partisans s’appuient sur le Japon, les opposants sur la Grande-Bretagne, chacun ignorant l’exemple qui fragilise leur position, le plus souvent inconsciemment.

Supposons que vous adhériez à la phrase suivante : “Pour réussir en entreprise, le travail est le facteur le plus important”. Au sujet d’une personne qui ne semble pas beaucoup travailler et qui vient d’être promue, la panoplie des stratégies est large :

  • Le déni : nier la dissonance cognitive qui viendrait affaiblir la croyance. “Même si cela ne se voit pas, il doit quand même beaucoup travailler.”
  • Étayage ou rééquilibrage : affaiblir la dissonance en trouvant des arguments complémentaires pour étayer une croyance initiale. “Il ne restera pas longtemps à son poste.”
  • Différentiation cognitive : utilisation d’un mécanisme de comparaison, afin de diminuer les inconvénients potentiels de sa croyance. “Il travaille quand même plus que celui qui était à ce poste auparavant.”
  • Défense perpétuelle : attitude de différentiation qui a pour but de distinguer les situations afin d’affaiblir la généralité de la dissonance. “Lui, c’est particulier, il est ami avec le directeur.”

Au lieu de se focaliser, et parfois de se disputer, autour du totem du Qui-a-raison-Qui-a-tort, pourquoi ne pas envisager les croyances sous un autre angle ?

Certaines croyances vous aident : elles vous permettent d’atteindre vous objectifs, de donner le meilleur de vous-même, de vous sentir en harmonie avec votre environnement. D’autres vous limitent : elles vous découragent d’atteindre vos objectifs, vous empêchent d’essayer, vous rendent malheureux.

Par ailleurs, les croyances qui vous ont aidé dans le passé vous limitent peut-être aujourd’hui, et celles qui vous aident dans le monde professionnel vous limitent peut-être dans votre sphère personnelle (et vice-versa).

Si vous parveniez, seul ou accompagné, à identifier et à faire évoluer les croyances qui vous limitent pour atteindre un objectif personnel ou professionnel – peut-être en se penchant sur les dissonances cognitives que vous avez jusqu’à présent écartées – cela vous permetterait-il de franchir un obstacle qui vous paraissait  insurmontable, libérant ainsi votre potentiel ?

Un exemple historique est celui d’Urbain Le Verrier, un astronome du XIXe siècle. À cette époque, les observations des mouvements d’Uranus contredisaient les prévisions issues de la théorie de Newton. Les astronomes pouvaient alors remettre en cause cette théorie ou modifier leur opinion sur les planètes qui composaient le système solaire. L’une de leurs croyances devait être révisée puisqu’elles étaient incompatibles l’une avec l’autre au vu des nouvelles observations. Certains d’entre eux ont choisi la première option, d’autres la seconde. Urbain Le Verrier, qui était aussi mathématicien, a postulé l’existence d’une planète inconnue pour valider la cohérence de la théorie de Newton. Neptune fut ainsi découverte en 1846 grâce à ses calculs.

Et vous, quelle planète intérieure allez-vous découvrir dans votre vie ?

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