maen glas

Everyone thinks of changing the world, but no one thinks of changing himself – Leo Tolstoy

Prise de parole en public

(Version française / French version)

(Photo by rawpixel on Pixabay)

Deux questions pour commencer :

  • Êtes-vous à l’aise lors d’une prise en parole en public (présentations orales, réunions…) ?
  • Votre environnement, notamment professionnel, attend-il de vous que vous maîtrisiez la prise de parole en public ?

Si vous avez répondu “non”, “plus ou moins”, “cela dépend…” ou “pas vraiment” à la première question et “oui” à la seconde, j’ai deux bonnes nouvelles pour vous.

  1. Vous n’êtes pas tout seul. Vous êtes même très nombreux dans le même cas. Cela va du simple inconfort ou stress léger jusqu’à l’impossibilité de s’exprimer en public en passant par la frustration de ne pouvoir / savoir mettre en valeur ses talents ou ses réalisations.
  2. Il existe des solutions pour remédier à ce problème.

La méthode la plus simple et la moins onéreuse consiste à chercher des conseils sur Internet : vous trouverez sans peine des sites qui listeront pour vous les 10 / 20 / 50 trucs pour vous améliorer à l’oral. Il existe aussi de nombreux livres qui traitent du sujet. Si cela vous convient, tant mieux ! Souvent, cela ne suffit pas, pour les raisons suivantes :

  • Les conseils semblent sensés, mais vous n’imaginez pas ou ne parvenez pas à les appliquer.
  • Vous êtes persuadé d’être mauvais dans l’exercice de la prise en parole en public. Vous avez sans doute une jolie histoire personnelle à raconter qui étaye (et renforce) cette thèse. Et pourtant… Il existe probablement autant d’histoires personnelles tout aussi vraies qui peuvent vous aider. Reste à les explorer…
  • Il existe de nombreuses raisons d’être inquiet avant ou pendant une présentation. Et pourtant… Chaque personne est unique. Si deux personnes sont stressées, elles peuvent l’être pour des raisons diverses : être le foyer d’attention, douter de sa voix ou de ses gestes, oublier le contenu, craindre les questions… Et même pour une problématique similaire, les solutions peuvent être différentes.
  • Vous avez sans doute un “modèle” dans ce domaine : Barack Obama en conférence de presse, Aung San Suu Kyi en réunion publique, Steve Jobs lors de ses “keynotes”, Fabrice Luchini sur un plateau de télévision. Et pourtant… Vous n’avez pas besoin d’atteindre un tel niveau d’aisance pour être efficace en public. Notez au passage que chacune de ces personnalités s’impose d’une manière très différente. Il n’existe pas une méthode pour être bon lors de la prise en parole face à un auditoire, mais une multitude de voies. Parmi elles, certaines vous correspondent, d’autres non.

Pour vous améliorer dans la prise de parole en public, il existe quatre pistes à explorer :

  1. Connaître et améliorer la préparation qui vous convient. Le contenu en fait partie, mais cela ne s’arrête pas là : le non verbal, la relaxation, la connaissance de vos interlocuteurs, la mise en scène importent aussi.
  2. Eviter les erreurs objectives : ne pas maîtriser son sujet, éviter tout regard vers les autres ou le public, être agressif…
  3. Disposer de coupe-circuits qui permettent de surmonter une situation inconfortable en situation réelle.
  4. Surtout, s’inscrire dans une histoire positive qui vous permet de progresser en laissant derrière vous les pierres qui alourdissent votre sac.

Au printemps, Maen Glas met l’accent sur deux types d’accompagnement pour répondre aux demandes dans ce domaine, pour vous sentir plus à l’aise dans l’exercice de la prise de parole en public, lors des présentations orales ou des réunions (à l’intention des entreprises et des particuliers) :

  • Processus court (4 à 6 séances) individualisés.
  • Ateliers collectifs en petits groupes.

Et le printemps, c’est bientôt ! A vous de jouer…

Êtes-vous multi-tâches ?

(Version française / French version)

(Photo by RichFL on Pixabay)

La légende raconte que Napoléon était capable de faire plusieurs choses à la fois. Elle est probablement fausse si l’on en croit les dernières recherches scientifiques.

“Faire plusieurs choses à la fois” mérite que l’on s’arrête un instant sur les termes. Il convient de distinguer les actes automatiques (respirer, marcher, écouter de la musique…) des actions qui nécessitent une certaine attention. La plupart d’entre nous sommes capables d’effectuer deux tâches en parallèle : conduire et discuter avec un passager par exemple. Il est également important de distinguer le “plusieurs” : 2 ou plus.

Quand vous travaillez sur une seule tâche, vos deux hémisphères travaillent simultanément sur celle-ci. Néanmoins, selon une étude publiée dans le magazine Science, il demeure possible d’accomplir deux actions en même temps : dans ce cas, chaque hémisphère est “dédié” à une tâche précise et une partie frontale est activée pour coordonner ces deux activités.

Se posent alors deux questions.

#1 Est-il possible de gérer trois tâches simultanées ?

Apparemment, non. Dans les expériences, lorsque les sujets étaient soumis à un troisième test qui réclamait leur attention, ils ont été perturbés au point de souvent abandonner l’une des deux autres tâches.

#2 Suis-je aussi efficace lorsque j’accomplis deux tâches en même temps ?

La logique serait de dire que je “perds du temps” en accomplissant qu’une seule tâche alors que mon cerveau pourrait en gérer deux simultanément. Toutefois, il existe une limite évidente : plus l’une de ces actions requiert notre attention, plus elle est exclusive. Si vous écrivez une dissertation, planchez sur un exercice compliqué de mathématiques, jouez un morceau difficile au piano ou une partie d’échecs, il vous est probablement difficile de prendre part en même temps à une discussion argumentée. Par ailleurs, souvenez-vous que lors d’un partage des actions, chaque hémisphère est concentré sur une seule tâche. Comme leurs composantes n’ont pas la même fonction (verbale, logique, spatiale…), cela signifie probablement que vous n’affectez pas toutes vos capacités à vos actions.

# Et donc ?

Lorsque les deux tâches requièrent toutes deux une attention soutenue, vous “abandonnez” temporairement l’une d’elles pour résoudre un point de blocage, pour ensuite vous dédoubler à nouveau… jusqu’au niveau pic de complexité. Chaque déconnection implique une reconnexion, consommatrice en temps, en énergie et sans doute aussi en efficacité.

Enfin, comme l’explique Étienne Kœchlin, chercheur en neurosciences et l’un des auteurs de cette étude, cette question nous ramène aussi aux changement d’environnement que les dernières décennies ont façonnés : “Effectivement, il y a deux contraintes opposées que la région frontale doit gérer : la flexibilité et, en même temps, la persévérance. C’est vrai qu’aujourd’hui notre environnement privilégie la flexibilité, mais on ne sait pas du tout comment le cerveau va s’y adapter”.

A quoi sert un objectif ?

(Version française / French version)

(Photo by PIRO4D on Pixabay)

On me demande parfois : “A quoi sert un objectif ?”.

Imaginez que vous soyez sur un voilier en pleine mer. Seul.

La tempête monte peu à peu. Certes, elle ne vous empêche pas de naviguer, mais elle rend les manœuvres plus délicates. Puis le vent enfle, et la pluie s’en mêle, bientôt accompagnée par la brume ou la nuit.

Vous réalisez soudain que regagner la côte devient une gageure, une urgence vitale même. Vos moyens de communication ne fonctionnent plus. Vous pouvez peut-être espérer une aide extérieure, mais la voie la plus saine est de s’atteler à résoudre votre problème.

Le ciel est trop noir ou embrumé pour vous permettre de vous guider. Vous avez déjà affalé certaines voiles pour ne pas risquer la déchirure. Le bateau roule et tangue dangereusement, au point que vous risquez de chavirer à chaque vague. Les paquets d’eau éclatent sur le pont et rendent la navigation de plus en plus dangereuse.

Pourtant, vous abandonnez un instant la lecture de la houle pour regarder au loin, de tous côtés. Vos yeux scrutent l’horizon flou, à la recherche d’un phare qui pulse ses lumières vers l’océan. Enfin, vous décelez une lueur ténue qui perce les nuages. Aussitôt, vous virez de bord avant de perdre le contact. Le vent de face ne vous facilite pas la tâche : il vous faudra remonter au près pour atteindre le port.

Les heures à venir ne seront pas douces. Le voilier peut couler ou chavirer sous les assauts de la mer. Vous lutterez contre la peur, le froid, les vagues. Toutefois, vous connaissez maintenant votre direction, ce qui vous permet d’agir pour échapper à la tempête. Peu à peu, vous vous rapprochez du phare. Grâce à lui, vous cessez votre errance sur les flots tumultueux. Si vous l’atteignez, vous serez sauvé.

Ce phare, c’est votre objectif.

The problem is not the person / Le problème n’est pas la personne

(English and French versions / Versions anglaise et française)

(Photo by scholty1970 on Pixabay)

Early January is the right moment for New Year’s resolutions… And early February the usual time to drop them.

More often than not, the narrative goes like: “… but the problem is: I procrastinate / I give up too easily / I’m not committed / I’m too lazy”. Not only do you miss the resolution, but you also have to deal with guilt.

Here are some good news from the narrative therapy specialists, Michael White and David Epston: “The problem is not the person; the problem is the problem”.

Said differently, it’s often useful to detach the problem from yourself. You’re not a procrastinator, you have a procrastination issue. You’re not fickle, you have trouble to concentrate. It sounds similar, but it’s not. It allows you to:

  • Lower your self-blame
  • Externalise your problem
  • Get new leverage to create solutions.

More encouraging and fruitful than another quote (from “Les Shadoks”, a French animated television series): “When there is no solution, it means there is no problem”…

*****

Le début du mois de janvier est le moment idéal pour les résolutions de nouvelle année… Et début février la période classique pour les abandonner.

En général, le discours ressemble à : “… mais le problème est que : je procrastine / je ne m’accroche pas / Je ne suis pas impliqué / Je suis trop paresseux”. Vous avez non seulement raté votre résolution, mais vous devez aussi gérer votre culpabilité.

Voici une bonne nouvelle des spécialistes de la thérapie narrative, Michael White et David Epston: “Le problème n’est pas la personne ; le problème est le problème”.

Exprimé différemment, il est souvent utile de détacher le problème de vous-même. Vous n’êtes pas un procrastinateur, vous avez un souci de procrastination. Vous n’êtes pas inconstant, vous avez du mal à vous concentrer. Cela semble similaire, mais ce n’est pas le cas. Cela vous permet de :

  • Diminuer votre culpabilité
  • Externaliser votre problème
  • Obtenir de nouveaux leviers pour créer des solutions.

Plus encourageant et fructueux qu’une autre citation (des “Shadoks”, une série télé d’animation française) : “Quand il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème”…

Le jeu où il n’y a que des perdants

(Version française / French version)

(Photo by skeeze on Pixabay)

Voulez-vous jouer à un jeu où il n’existe que des perdants ?

Non, bien sûr…

Pourtant, tout le monde y joue à longueur de journée : avec sa famille, ses amis, ses collègues, son chef, ses subordonnées, de vagues connaissances, même des inconnus. Les règles sont simples : il suffit de prouver que vous avez raison. Vous êtes libres d’utiliser des faits, des chiffres, des raisonnements, des anecdotes, des citations, votre expérience ou celle des autres. Vous pouvez rallier d’autres joueurs à votre cause, dans votre camp ou non. Inventer, ou même mentir, est autorisé. Le sujet importe peu : politique, économie, religion, sport, éducation, sécurité routière, musique, météo ou même la couleur d’une voiture ou d’un pantalon. Qu’importe le sujet. Le jeu se nomme : “Qui a raison ?“.

Dans la plupart des cas, chacun retournera chez lui avec l’impression d’avoir raison et un goût amer dans la bouche : la mauvaise foi, l’intolérance, l’agression, la bêtise. Celle des autres bien entendu. Parfois, l’adversaire reconnaîtra sa défaite ou sera ostracisé par le groupe. Parfois, ce sera votre tour.

Parce que le jeu possède sa part d’ombre, qui se nomme : “Qui a tort ?“.

Au mieux, vous aurez gagné un bref shoot d’ego. Et vous aurez semé des champs de jugements, de mots qui blessent, d’insultes, de coups quelquefois. Vous aurez créé des ennemis, des frustrations, des blessures, qui vous reviendront peut-être un jour comme des boomerangs délétères. Souvent, vous ressentirez l’incompréhension, l’intolérance, l’injustice, l’impuissance. De temps à autre, vous perdrez un ami ou un être cher.

… Et si vous arrêtiez de jouer ?

Bitcoin : motivations, écologie, fongibilité / rationale, ecology and fungibility

English and French versions / Versions anglaise et française

(Photo by Michal Wuensch on Pixabay)

Quand j’ai publié l’article sur “Bitcoin, or ou piège digital” en janvier 2018, j’ai reçu de nombreuses réponses. A l’époque, le Bitcoin valait 14500 $; maintenant il est dans la zone des 4000 $.

Les trois questions et remarques les plus fréquentes étaient :

#1 Pourquoi les gens achètent-ils des Bitcoins ?

Facile. Ils les achètent pour deux raisons :

  • L’argent. Pour faire du profit (idéalement rapidement).
  • La peur. Pour se protéger contre l’inflation / la dépréciation de sa devise / la spoliation.

#2 Est-ce que le Bitcoin est écologique ?

Il n’est pas facile d’obtenir des données fiables, mais la réponse est un clair “non”.

Récemment, un article de Nature.com  a essayé de quantifier l’énergie nécessaire pour produire 1 $ de valeur à partir des cryptodevises : de 7 à 17 MJ pour le Bitcoin, le Litecoin, le Monero et l’Ethereum. A comparer avec 4 MJ (le cuivre), 5 MJ (l’or), 122 MJ (l’aluminium).

Par ailleurs, un autre article explique que la consommation d’énergie liée aux cryptodevises pourrait jouer un (mauvais) rôle significatif dans le réchauffement climatique. Il n’y a pas de consensus sur l’énergie consommé par le Bitcoin : les plupart des estimations varient de 5 TWh à 45 TWh en 2017, avec une référence fréquente à 22 TWh (équivalent à l’Irlande).

#3 Est-ce que le Bitcoin est fongible ?

Tout d’abord, qu’est-ce que la fongibilité ?

Les devises sont fongibles. Un dollar ou un euro vaut la même chose qu’un autre dollar ou euro. Personne ne va vous porter plainte contre vous parce que vous avez acheté votre pain avec une pièce d’un euro utilisé par un trafiquant de drogue six mois plus tôt.

Vous pouvez déjà suivre l’historique de chaque Bitcoin. Bien que cette option ne soit pas souvent utilisée, la technologie existe. Si de nouvelles lois dans des pays clés obligeaient les entreprises à s’assurer  que votre Bitcoin est “propre” depuis sa création, la valeur des Bitcoins ne serait plus unique, mais dépendrait de leur passé (non fongibilité). Bien entendu, ce scénario aurait un impact négatif sur le cours.

Motivations, écologie, fongibilité, toujours intéressé ?

*****

When I published  the article on “Bitcoin: digital gold or trap” in January 2018, I received a lot of feedback.  At the time, the Bitcoin was worth 14500 $; right now its price hovers around 4000 $.

The three most frequent questions and remarks were:

#1 Why do people buy Bitcoin?

Easy. They buy for two main reasons:

  • Money. To make a good (and ideally, quick) profit
  • Fear. To get protection from inflation / currency depreciation / spoliation.

#2 Is the Bitcoin ecological?

It’s not easy to get reliable data, but the answer is a clear “no”.

Recently, an article from Nature.com tried to quantify the energy needed to produce 1 $ of value from cryptocurrencies: from 7 to 17 MJ for  Bitcoin, Litecoin, Monero and Ethereum. It compares to 4 MJ (copper), 5 MJ (gold), 122 MJ (aluminium).

Besides, another article explains that cryptocurrencies’ energy consumption could play a (bad) significant role in global warming.

There is no agreement on on energy consumption from the Bitcoin, as most estimates vary from 5 TWh to 45 TWh in 2017, with a frequent reference at 22 TWh (equivalent to Ireland).

#3 What is Bitcoin fungibility?

First, what is fungibility?

Currencies are fungible. One dollar or one euro are worth the same as any other dollar or euro. Nobody is going to sue you because you’ve bought your bread with a one euro coin used by a drug dealer six months ago.

You can already trace the history of every Bitcoin. Although it is not used extensively, the technology exists. If new laws in a few key countries obliged companies to ensure that your Bitcoin has been “clean” from inception, you would end up with Bitcoins being worth different values depending on their history. Obviously, it would also have a negative impact on the global price.

Rationale, ecology, fungibility. Still interested?

Are you for or against? Êtes-vous pour ou contre ?

(English and French versions / Versions anglaise et française)

(Photo by Comfreak on Pixabay)

In the past week alone, I’ve read variations of the following sentences twelve times, on both sides on the fence, on subjects ranging from global warming, migrants, veganism, women rights, economic policies, Donald Trump, French politics, to name only a few:

“You cannot be neutral! / Being neutral is taking a side”.

Well, there are two interesting points here.

1) One cannot be neutral, really?

There are plenty of reasons why you are not going to sign this petition, send this mail, like or share this post. The first one is obvious: you disagree.

But there are others: you might (i) agree on the objective (say, promote veganism) but not the strategy (put pressure on butchers) or (ii) agree on the strategy but not the tactic (spraying false blood on the shop window).

Besides, time and attention are limited. You may find a point valid (say, global warming) but with higher priorities elsewhere (migrants, women rights…).

Then, you can really be neutral, in the sense that (i) you think the pros and cons reach an equilibrium, (ii) you don’t really care or (iii) you consider you don’t have sufficient information to have a clear opinion.

2) Polarisation

On the political, economic, social or professional spheres, plenty of people will explain that you have a choice between the good (generally, their opinion) and the evil (“the other view”, whatever it means).

Yes, sometimes, you have only a choice between two options, but it’s a very rare occurrence. You generally have a wide array of decisions you can make, including ones you have not even thought about yet.

Trouble is the growing polarisation prevents you from thinking about “alternative stories” which are not black or white, not even grey, but as coloured as rainbows.

So, there are other paths than:

  • Staying in the same boring job versus resigning
  • Arguing with your partner versus splitting
  • Thinking in terms of “Who’s right?” versus “Who’s wrong?”
  • Avoiding presentations altogether versus miserably failing because of the stress
  • Believing that some people (you included) procrastinate or others simply do not
  • Consider that your particular talents are intrinsically good or bad regardless of the situation

In a nutshell, you have the right to be neutral, and it’s even quite healthy. More importantly, polarisation often brings conflict (us versus them, right versus wrong) and obfuscate possible alternative solutions.

Dare look elsewhere…

*****

Lors de cette seule semaine, j’ai lu des variations des phrase suivantes douze fois, des deux côtés de la barrière, sur des sujets aussi divers que le réchauffement climatique, les migrants, le véganisme, les droits des femmes, les politiques économiques, Donald Trump, la politique française:

“Vous ne pouvez pas être neutre / Être neutre, c’est choisir un camp”.

Cela nous conduit à deux points intéressants:

1) On ne peut pas être neutre, vraiment ?

Il existe plusieurs raisons pour lesquelles vous n’allez pas signer cette pétition, envoyer ce mail, aimer ou partager cet article. La première est évidente : vous n’êtes pas d’accord.

Il en existe beaucoup d’autres : (i) vous êtes d’accord sur l’objectif (disons, promouvoir le véganisme) mais pas la stratégie (mettre le pression sur les bouchers) ou (ii) vous êtes d’accord sur la stratégie mais pas la tactique (asperger du faux sang sur les vitrines des boucheries).

De plus, le temps et l’attention sont limités. Vous pouvez trouver qu’un point est valide (par exemple, sur le réchauffement climatique), avec des priorités ailleurs (les migrants, le droit des femmes…).

Enfin, vous pouvez être réellement neutre, dans le sens où (i) vous pensez que les avantages et les inconvénients s’équilibrent, (ii) vous vous moquez de la question, (iii) vous considérez que vous n’avez pas assez d’informations pour vous faire une opinion claire.

2) La polarisation

Dans les sphères politiques, économiques, sociales ou professionnelles, beaucoup de gens vous expliqueront que vous avez le choix entre le bien (en général, leur opinion) et le mal (celle “des autres”).

Oui, parfois, vous n’avez le choix qu’entre deux options, mais c’est un cas très rare. Vous avez généralement un large éventail de décisions, y compris certaines auxquelles vous n’avez jamais pensé jusque maintenant.

Le problème, c’est la polarisation croissante vous empêche de penser à des “récits alternatifs”, qui ne sont ni noirs ni blancs, ni même gris, mais aussi colorés que des arcs-en-ciel.

Donc, il existe d’autres voies que :

  • Poursuivre le même travail ennuyeux / Démissionner
  • Se disputer avec son partenaire / Se séparer
  • Penser en termes de “Qui a raison ?” / “Qui a tort ?”
  • Eviter toute présentation / Se liquéfier à cause du stress
  • Croire que certaines personnes (vous inclus) sont des pocrastinateurs naturels et que d’autres non
  • Considérer que vos talents propres sont intrinsèquement bons ou mauvais, indépendamment de la situation.

En résumé, vous avez le droit d’être neutre, et c’est même plutôt sain. Surtout, la polarisation mène souvent au conflit (nous contre eux, vrai contre faux) et obscurcit les solutions alternatives potentielles.

Osez regarder ailleurs…

Dictée ou jeu vidéo ?

(French version / Version française)

(Photo by Design_Miss_C on Pixabay)

La question n’est pas de savoir si vous préférez une dictée ou une partie de jeu vidéo, mais plutôt de se pencher sur le processus de gratification de ces deux activités.

Dans une dictée, vous partez du maximum (en général 20 points dans les écoles françaises). Puis, à chaque erreur, vous abandonnez une partie de votre capital de départ au gré de vos fautes : d’orthographe, de grammaire, d’accent… A chaque mot, vous n’avez rien à gagner et tout à perdre.

Dans un jeu vidéo basé sur un système de vies ou de temps limités, vous utilisez votre expérience et vous tentez quelque chose de nouveau pour passer le niveau où vous avez été éliminé la fois précédente. Si cela s’avère concluant, vous poursuivez jusqu’au prochain point d’arrêt ; si cela échoue, vous essayez autre chose.

Indépendamment de leurs intérêts intrinsèques, ces deux activités fonctionnent sur des modes différents. Dans le premier cas, essayer est potentiellement synonyme d’une sanction ; dans le second, essayer implique une nouvelle chance.

Et dans la vraie vie ?

Nous connaissons tous des citations telles que : « Il n’y a qu’une chose qui peut rendre un rêve impossible, c’est la peur d’échouer » (Paulo Coelho) ou « C’est dur d’échouer, mais c’est pire de n’avoir jamais essayé de réussir » (Theodore Roosevelt).

Et pourtant…

  • Au travail ou avec vos proches, combien de fois avez-vous renoncé à essayer par crainte du regard des autres ou du vôtre dans le miroir ?
  • Dans votre rôle d’ami, de parent, de conjoint, de manager, valorisez-vous plus l’essai que vous ne dénigrez l’échec ?
  • Combien distribuez-vous de félicitations (liées à une réussite ou un simple essai, même raté) pour une réprimande ou un geste d’agacement ?

Il ne s’agit pas de culpabiliser quiconque, puisque nous “fautons” tous, y compris dans nos attitudes. L’enjeu est d’offrir (et de s’offrir) ce cadeau précieux qui nous permettrait, après plusieurs essais (comme dans un jeu vidéo), de passer au niveau supérieur dans notre vie personnelle ou professionnelle.

S’il est très difficile de changer les actions des autres, vous disposez de trois leviers, qui répondent aux questions suivantes :

  • Quelle est votre attitude face aux réactions consécutives à votre “échec” ?
  • Quel est votre comportement devant les “échecs” des autres ?
  • Comment dosez-vous sécurité et nouveauté ?

Question subsidiaire : sur quel point souhaitez-vous agir ?…

Inflation et points ELO aux échecs

(French version / Version française)

(Photo by stux on Pixabay)

Quel est le lien entre l’inflation (ou la déflation) et le système de points ELO aux échecs ?

Pour les lecteurs moins familiers avec les échecs, le système de points ELO est notamment utilisé pour le classement FIDE (Fédération Internationale Des Echecs). La théorie a été développée par Arpad Elo (1903-1992), un professeur de physique et joueur d’échecs américain d’origine hongroise. Les parties passées permettent de donner un classement à chaque joueur et, ainsi, d’en déduire les probabilités de gain lors d’une confrontation entre deux joueurs. Dans un système “pur”, le système est un jeu à somme nulle, dans le sens où la somme des nombres de points gagnés ou perdus est égale à zéro. Actuellement, le classement ELO va de 1000 à 2839 (Magnus Carlsen, champion du Monde).

Pour les lecteurs moins au fait des théories économiques, l’inflation est l’augmentation du prix des biens et des services sur une période donnée. Si cette inflation est négative, on parle de déflation. Une inflation (positive donc) induit une perte de pouvoir d’achat, puisque la même quantité d’argent permet d’acquérir moins de biens et de services. Dans le monde, une dizaine de pays sont en déflation; la France a un taux d’inflation de 1,2 %; deux pays ont un taux supérieur à 100 % (qui correspond à un doublement des prix en un an) : le Soudan du Sud (117 %) et le Venezuela, en hyper-inflation avec un taux à 4 000 000 %.

Supposons maintenant que les points ELO soient une monnaie. Dans un système pur, une augmentation ou une baisse du niveau moyen de tous les joueurs ne se traduira pas par un changement du classement moyen, puisque le “jeu” est à somme nulle.

Inflation ?

Le débat principal se place sur le terrain de l’inflation puisque le nombre de joueurs avec un rating > 2700 est passé d’un en 1979 à six en 1994, puis à quarante-cinq en date du 19 septembre 2018. Pour expliquer ce plus grand nombre de joueurs parmi l’élite (ou la partie à l’extrême droite de la courbe de distribution), deux camps s’affrontent :

  • Ceux qui pensent que cela reflète une réalité (et donc un meilleur niveau moyen) : les arguments principaux sont (i) une augmentation du nombre de joueurs (et donc plus d’excellents joueurs), et (ii) l’apport des logiciels d’échecs qui permettent de préparer ses parties et de rapidement corriger ses erreurs après une compétition.
  • Ceux qui pensent que le système est intrinsèquement inflationniste (c’est-à-dire qu’un classement en 2018 reflète un moins bon niveau que le même classement vingt ou quarante ans plus tôt). Parmi eux se trouve Jeff Sonas, qui avance l’argument que l’abaissement du plancher du seuil de classement, longtemps figé à 2200 puis progressivement abaissé jusque 1000 aujourd’hui, a eu un effet inflationniste.

Notons que les différents arguments ne sont d’ailleurs pas contradictoires…

Déflation ?

À l’inverse, certains pensent que le système est intrinsèquement déflationniste (un joueur d’un classement donné est meilleur qu’un autre joueur avec ce même classement vingt ans plus tôt). Leurs arguments reprennent les points des “anti-inflationnistes” décrits ci-dessus, ainsi qu’un élément complémentaire. Le nombre de jeunes licenciés augmente. À titre d’exemple, la Fédération Française des Echecs comptait environ 40 000 licenciés en 2000 contre 56 000 en 2016, dont presque 11 000 jeunes de moins de seize ans. A priori, les jeunes sont plus susceptibles de progresser au cours d’une année que les adultes (cours dans les clubs, maturité et capacités intellectuelles croissantes…). La logique est la suivante :

  • Un enfant débutant obtient un premier classement de plus en plus jeune, souvent dans la partie basse du spectre. Lorsque son niveau augmente avec l’âge, il gagne des points ELO aux dépends d’autres jeunes, mais aussi d’adultes (pour lesquels on suppose un niveau plus constant). Cet effet est strictement déflationniste. La logique est la même, quoique moins marquée, pour un nouveau joueur adulte.
  • Par ailleurs, les adultes qui arrêtent de jouer pour des raisons diverses (autres occupations, âge, décès…) conservent leurs points et ne les redistribuent pas. Prenons le cas extrême d’un joueur classé 2000 qui cesse toute activité échiquéenne. D’un point de vue monétaire, c’est l’équivalent de brûler une liasse de billets puisque ses points ELO sont perdus pour le système global. Cet effet est également déflationniste.

Ces deux points sont identifiés, et c’est la raison pour laquelle un coefficient est affecté à chaque joueur : 20 en général, 40 pour un nouveau joueur adulte ou un jeune, 10 pour un joueur > 2400. Ce coefficient signifie que le jeu n’est plus à somme nulle. Si un adulte 1700 joue un jeune 1700, le résultat statistique de leur partie sera de 0,5 (50%) chacun. Toutefois, si le jeune gagne, il marquera 20 points (0,5 x 40) tandis que l’adulte perdra 10 points (0,5 x 20), générant ainsi une création monétaire (inflation). Dans le cas inverse, il y a destruction monétaire (-20 pour le jeune, +10 pour l’adulte : déflation).

La question est de savoir si ce coefficient arbitraire de 40 pour les jeunes est trop élevé (et donc inflationniste) ou trop bas (et donc déflationniste). Au vu des résultats des tournois où les meilleures performances par tranches d’ELO sont très souvent occupées par les jeunes, je pencherais pour la seconde hypothèse.

Et donc ?

Les effets sont identifiés, mais il est difficile de quantifier les amplitudes. Néanmoins, un système inflationniste pour les meilleurs classements et déflationniste pour la majorité des joueurs me paraît plausible. À ce sujet, il serait d’ailleurs intéressant de comparer les résultats réels (lors des tournois) aux résultats théoriques attendus (le classement ELO donnant une probabilité de gain) : je serai surpris que les deux soient alignés, a fortiori lorsque de nombreux jeunes participent.

 

Savoir prendre du temps pour soi

(Auteur : Valérie Morell, VM Coaching)

(Photo by geralt on Pixabay)

Comment réussir à prendre du temps pour soi pour se ressourcer?

Vos journées ressemblent à des marathons et lorsque vous vous couchez, vous vous rendez compte que vous n’avez pas eu le temps de souffler et que vous n’avez pas eu le temps de finir ce que vous aviez prévu ?

Vous voulez lever le pied, mais vous ne savez pas comment, cet atelier est fait pour vous !

I – Comment nous remplissons notre agenda

J’aime prendre mon temps pour faire les choses, je me suis souvent dit que j’étais lente. L’explication est aussi un certain perfectionnisme que j’affectionne particulièrement, mais sur ce plan, j’ai appris à m’imposer moins de contraintes. J’aime profiter de l’instant présent et aller au bout de mes ressentis.

J’ai interrogé des femmes de tous âges, des moins de trente ans au plus de soixante ans, elles ont toutes un agenda très chargé.

Elles accumulent des obligations parce qu’elles ne savent pas dire non aux sollicitations de la famille, des amis, du travail…

Il est difficile de dire « non » parce qu’on voudrait toujours rendre service aux gens qu’on aime.

Des jeunes grand-mères, comme Michèle, gardent leurs petits-enfants plusieurs fois par semaine pour aider leurs enfants et éviter les frais de crèche/nounou ou encore pour faire plaisir parce qu’elles savent que les petits-enfants sont fatigués et/ou qu’ils n’aiment pas manger à la cantine, « La cuisine y est moins bonne que la mienne… » me dit Michèle « et au moins je suis sûre qu’ils mangent ».

Les plus jeunes comme Maya ont tendance à être influencées par le discours des médias et des réseaux sociaux et veulent devenir inconsciemment des Superwomen en épousant tous les rôles  (femmes, épouses, mères, filles, sœurs, collègues, amies…) de façon parfaite. Résultat : Maya me dit qu’elle n’arrête pas « à partir du moment où je pose le pied par terre le matin jusqu’à ce que j’aille me coucher ».

Elles répondent à des injonctions issues de l’enfance (« sois parfaite », « fais plaisir »…) et aussi à celles véhiculées par les magazines ou la télé : « sois belle », « sois intelligente », « sois dans le vent »… Comme les journées n’ont définitivement que 24 heures, elles ne prennent plus de pauses ; certaines femmes avouent même empiéter sur leurs heures de sommeil. Pour se prouver qu’elles sont compétentes dans tous les domaines, elles finissent par attacher de l’importance à des détails que personne ne remarque et cela peut créer certaines frustrations : « moi, ce que je fais ça ne se voit pas et c’est toujours à refaire… ».

Or, vouloir être parfaite dans tous les pôles de notre vie n’est pas possible. J’aime l’ultime réplique d’Osgood dans Certains l’aiment chaud : « Nobody is perfect !».  Répétez cette réplique culte du cinéma américain plusieurs fois en souriant, vous allez voir, ça change tout !

Nous avons toutes un seuil de résistance et on ne peut pas le dépasser. Pire, vouloir le franchir entraîne un épuisement. Il se reconnaît à ce qu’on se sent dépassée, fatiguée, stressée, lente et qu’on a envie de jeter l’éponge, d’appuyer sur le bouton « off ».

Bien souvent, même si un « je suis un peu fatiguée » est verbalisé, les personnes de l’entourage ne s’en préoccupent pas beaucoup, parce que (i) elles ont l’image de vous que vous avez voulu leur donner et (ii) c’est à vous de verbaliser ce que vous ressentez avec les bons mots, si vous voulez éprouver de la gratitude envers vous-même.

Karine, qui manage une petite équipe dans un restaurant d’entreprise a eu une révélation, pendant une séance, concernant sa manière de s’exprimer. Elle m’a dit : « Au lieu de Je suis un peu fatiguée un Tu peux m’aider à étendre le linge s’il te plaît ? serait plus clair, plus parlant, c’est évident maintenant ! »  La séance suivante, lorsque Karine est revenue, elle m’a confié avoir essayé toute la semaine de clarifier sa manière de parler à son mari et à ses filles, elle est arrivée à la conclusion que c’est une question qui incite au «  oui, bien sûr… » même si l’enthousiasme n’est pas flagrant. Elle a réalisé qu’elle n’osait pas demander d’aide parce qu’elle a toujours vu sa mère fonctionner ainsi, et qu’elle voudrait que ses deux filles (6 ans et demi et 8 ans) se concentrent sur leurs devoirs et l’apprentissage de la danse, qu’elles pratiquent toutes les deux.

Faites comme Karine, déléguez ! Ce ne sera peut-être pas aussi bien fait que lorsque vous le faites, mais rappelez-vous que cela responsabilise les enfants aussi de ranger leur chambre et que cela vous dégage du temps pour vous.

II – Apprenez à bien vous connaître !

Michèle, Maya et Karine ne sont pas de la même génération, mais elles ont toutes les trois en commun un besoin évident de ralentir le rythme. Pour y arriver, nous avons travaillé sur l’organisation de leur temps. Elles ont réussi à insérer dans leur emploi du temps, un moment pour elle selon les besoins identifiés de chacune. Pour Michèle, ce fut 2 heures de marche avec le club de randonnée de sa ville, et pour Maya ce fut une séance de yoga le mardi soir. Karine quant à elle s’accorde une séance chez l’esthéticienne tous les mois pour s’occuper d’elle et se sentir plus sûre d’elle-même.

Ces moments sont bien sûr balisés sur l’agenda et considérés comme non négociables…! Je ne vous cache pas que les premières semaines, la tentation fut grande de répondre à d’autres sollicitations.

Maya a dû aussi mettre tous les instants à profit pour mieux respirer et surtout mettre la pédale douce sur les réseaux sociaux le soir au coucher, car elle dormait mal. Aujourd’hui, elle lit quelques pages tous les soirs et dit s’endormir plus sereine. Elle consulte les réseaux sociaux pendant ses trajets de train qu’elle utilise pour se rendre à Paris. Karine qui adore la musique écoute ses musiques préférées dans sa voiture qui l’emmène à Melun, elle a arrêté d’écouter les informations à la radio qu’elle trouve anxiogènes pour commencer la journée.

Chaque moment pour soi peut répondre à un besoin identifié. On n’a pas envie de faire tout le temps la même chose. Certains instants peuvent être calmes, d’autres actifs ou encore créatifs.

Michèle s’est remise à faire de la dentelle de Luxeuil avec sa meilleure amie.  « À plusieurs, on se donne du courage et on s’entraide ! »

Posez-vous spontanément la question : Qu’est-ce je ferais si je n’avais aucune contrainte ? Quel serait mon moment plaisir ?

Venez échanger et partager votre expérience lors de l’atelier du 13 octobre 2018, à Quincy-sous-Sénart, et repartez avec des solutions à mettre en place, celles qui vous conviennent et vous correspondent !