The colours of subjective reality / Les couleurs de la réalité subjective

Tout le monde veut changer le monde, mais personne ne songe à se changer soi-même - Léon Tolstoï

The colours of subjective reality / Les couleurs de la réalité subjective

(English and French versions / Versions anglaise et française)

(Photo by lightstargod (Alexandr Ivanov) on Pixabay)

How many colours can you see? And how many colours can you name?

  • In painting, the primary colours are: (cyan) blue, yellow and (magenta) red.
  • For a television set, we talk about “additive” colours: blue, red and green.
  • According to a laboratory experiment in 1998, our eye is able to distinguish 2 million colours.
  • If you ask a young child to name the colours, he will probably give you eleven words: blue, green, yellow, orange, red, pink, purple, black, white, grey, brown. Interestingly enough, these colours are likely to be the first ones you have learnt at school when you studied your first foreign language.

Then, could we say that there are eleven colours, and that the other ones are simply more precise variations, such as: cyan, navy, ultramarine, turquoise, sapphire, lapis lazuli or aquamarine for blue? If you answer yes to this question, maybe it’s because you judge your subjective reality (naming the colours) to be objective.

The only objective measure of colour is the wavelength or the frequency. A typical human eye will respond to wavelengths from 390 to 700 nm. Blue is generally considered to lie between 450 and 495 nm. OK then: let’s say that blue / bleu / azul / blau / blå universally correspond to these wavelengths. Question solved.

Hang on.

What about “синий” and “голубой” in Russian? The former means “dark blue” and the latter “light blue”: there is no word to aggregate the two hues in a single blue. It’s also the case for other languages like Mongolian. Conversely, glas means blue and (natural) green in original Welsh or Breton. It means that the 450 / 495 nm is a subjective band that most (but not all) languages use to define blue.

Similarly, English or French make a distinction between red and light red (pink), whereas they are considered varieties of the same colour in Chinese: red is / , hóng, and pink is 粉红fěn hóng (lit. “powder red”). More information on Wikipedia if you’re interested.

So what?

So it means that even for a topic (colours) where you have a quantitative measure (wavelengths), subjective reality should be taken into account. Then, what about morality, efficiency, respect, sociability, success, to name only a few?

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Combien de couleurs pouvez-vous distinguer ? Et combien de couleurs pouvez-vous nommer ?

  • En peinture, les couleurs primaires sont : bleu (cyan), jaune et rouge (magenta).
  • Pour un poste de télévision, on parle de couleurs “additives” : bleu, rouge et vert.
  • Selon une expérience en laboratoire, datant de 1998, notre œil est capable de distinguer 2 millions de couleurs.
  • Si vous demandez à un jeune enfant de nommer les couleurs, il vous en donnera probablement onze: bleu, vert, jaune, orange, rouge, rose, violet, noir, blanc, gris, marron. Ces couleurs sont d’ailleurs sans doute les premières que vous avez apprises à l’école lorsque vous avez étudié votre première langue étrangère.

Aussi, pouvons-nous affirmer qu’il existe onze couleurs, et que les autres ne sont que des variations plus précises, comme le cyan, le marine, l’outremer, le turquoise, le saphir, le lapis-lazuli ou l’aigue-marine pour le bleu ? Si vous répondez oui à cette question, peut-être est-ce parce que vous jugez que votre réalité subjective (nommer les couleurs) est objective.

La seule mesure objective des couleurs est la longueur d’onde ou la fréquence. Un œil humain moyen discerne les longueurs d’onde comprises entre 390 et 700 nm. Généralement, le bleu est placé entre 450 et 495 nm. Parfait: disons que le bleu / blue / azul / blau / blå correspond d’une manière universelle à ces longueurs d’onde. CQFD.

Ce n’est pas si simple…

Que penser de “синий” etголубой” en russe ? Le premier mot désigne le bleu foncé, et le second le bleu clair. Il n’y a pas de terme générique pour agréger ces deux teintes. C’est aussi le cas en langue mongole. À l’inverse, “glas” signifie bleu et vert (naturel) en gallois et en breton. Cela veut dire que la zone 450 / 495 nm est une limite subjective que la plupart des (mais pas toutes les) langues utilisent pour définir le bleu.

De la même manière, l’anglais et le français distinguent le rouge et le rouge pâle (rose), alors qu’ils sont considérés comme des variétés de la même couleur en chinois : le rouge est  / , hóng, et le rose est 粉红,  fěn hóng (lit. “rouge poudre”). Plus d’informations sur ce sujet sur Wikipedia si vous êtes intéressés.

Et donc ?

Donc cela signifie que même sur un sujet (les couleurs) pour lequel une mesure quantitative existe (les longueurs d’onde), la réalité subjective doit être prise en compte. Aussi, que penser de la moralité, de l’efficacité, du respect, de la sociabilité, du succès, pour n’en citer que quelques-uns ?

 

2 Responses

  1. Dan says:

    Your conclusion should be in a pop-up window each time you open Facebook…

  2. Anne R. says:

    Très intéressant, merci.

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